Il est clair qu'à remâcher des jugements sévères, des prédictions sinistres, des souvenirs noirs, on se présente sa propre tristesse ; on la déguste en quelque sorte. Mais si je sais bien qu'il y a des globules là dessous, je ris de mes raisonnements; je repousse la triste dans le corps, où elle n'est que fatigue ou maladie, sans aucun ornement. On supporte mieux un mal d'estomac qu'une trahison. Et n'est-il pas mieux de dire que les globules manquent, au lieu de dire que les vrais amis manquent?
C'est bizare,ces globules, qui donnent un jour un espoir en la vie infini, et l'autre, une profonde neurasthénie.
[Propos sur le bonheur - Alain]
C'est bizare,ces globules, qui donnent un jour un espoir en la vie infini, et l'autre, une profonde neurasthénie.
